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Représentations logico-mathématiques de l'incertain,
et théories des possibilités

L'équipe RPDMP a beaucoup contribué depuis vingt ans à
l'établissement et au développement d'une nouvelle théorie de
représentation de l'incertitude, initialement proposée par Zadeh en
1978, la théorie des possibilités. Ces dernières années ont été
marquées sur ce plan par la distinction entre une théorie qualitative
des possibilités, définissable sur des échelles purement ordinales, et
une théorie quantitative des possibilités à valeur sur l'intervalle réel
[0,1]. Ce dernier modèle peut être vu comme une forme de
représentation de probabilités mal connues. Une sémantique
opérationnelle a également été obtenue, en collaboration avec
Philippe Smets, qui permet de donner un sens précis aux degrés de
possibilité numériques.
Les deux modèles différent par la manière, dont le
conditionnement est défini dans chaque modèle. La théorie des
possibilités permet d'évaluer l'incertitude à l'aide d'un degré de
nécessité (ou de certitude) et d'un degré de possibilité, qui ne
doivent pas être confondus avec des degrés de vérités en logiques
multivalentes (ces derniers, à la différence des degrés d'incertitude,
pouvant être compositionnels par rapport à tous les connecteurs).
La théorie des possibilités possède une contrepartie logique, la
logique possibiliste, qui peut être vue comme une logique classique
où les formules sont stratifiées selon leur niveau de certitude. Une
extension de la logique possibiliste autorisant des prédicats
graduels et des constantes imprécises ou floues a été proposée. Un
livre, résultat d'un séminaire international a fait le point sur les
logiques floues et possibilistes.
De plus le cadre de la théorie des possibilités permet de
distinguer entre deux types de possibilités : la possibilité
correspondant à une idée de cohérence avec l'information
disponible, et la possibilité garantie correspondant à une faisabilité
avérée par l'observation. Cela permet de représenter dans un même
cadre deux types très différents d'informations, des connaissances
génériques excluant des mondes impossibles, et des données
correspondant à des exemples garantis possibles. Ces deux types
d'informations doivent êtres traités au plan de l'inférence de manière
diamétralement opposée.
contacts: D. Dubois, H. Prade.
quelques publications récentes
- D. Dubois, H. Prade, S. Sandri. Possibilistic logic with fuzzy
constants and fuzzily restricted quantifiers. In: Logic
Programming and Soft Computing, (Martin,T.P. et
Arcelli-Fontana,F., Eds.), Research Studies Press, Baldock,
England, 69-90, 1998.
- D. Dubois, W. Ostasiewicz, H. Prade.
Fuzzy sets: History and basic
notions . In: Fundamentals of Fuzzy Sets .
(Dubois,Didier et
Prade,Henri, Eds.), Kluwer Academic Publishers , Boston, The
Handbooks of Fuzzy Sets Series , 21-124 , 2000.
- D. Dubois, P. Hajek, H. Prade. Knowledge-Driven versus
data-driven logics. Journal of Logic, Language, and
Information. Eds: Kluwer Academic Publishers, 9, 65-89, 2000.
- D. Dubois, H. Prade.
Possibility theory, probability theory and
multiple-valued logics: A clarification. Dans: Annals of
Mathematics and Artificial Intelligence. Eds: Kluwer, Dordrecht,
V. 32, p. 35-66, 2001.
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