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| Action Spécifique AS 119 dans le cadre du Réseau Thématique Pluridisciplinaire (RTP 11) "Information et Intelligence : Raisonner et Décider" sur Les représentations bipolaires en raisonnement et décision |
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L’information s’exprime et se représente souvent de manière bipolaire. C’est le cas dès qu’une distinction est faite entre « information positive » et « information négative ». Une information incomplète à propos d’un sous-ensemble s’exprime naturellement de manière bipolaire : on sait que certains éléments du référentiel appartiennent au sous-ensemble, et on en connaît d’autres qui n’y appartiennent pas. Cela peut s’appliquer à la représentation des connaissances, ou des préférences notamment. Pour élaborer des croyances, on utilise séparément ce qu’on croit et ce qu’on nie. L’information négative pointe les situations impossibles, interdites, les contre-exemples. L’information positive se réfère à des situations garanties possibles dont l’existence est avérée, à des situations explicitement permises, à des observations, à des exemples. Le non-impossible n’est pas alors nécessairement synonyme de garanti possible. Similarité et dissimilarité offrent une autre illustration de la bipolarité, dans la mesure où la non-dissimilarité ne signifie pas toujours la similarité. L’information négative exprime souvent des restrictions sur les états possibles du monde, liées à des lois physiques, ou à des connaissances génériques, éventuellement entachées d’exceptions. L’information positive correspond plutôt au recueil d’informations sur le monde, telles que données statistiques, bases de cas, etc… Ces deux types d’information ne sont pas de même nature et leur traitement relève de techniques différentes. Les processus d’apprentissage font un lien entre information positive et information négative : on finit par croire vrai ce qu’on observe souvent, et on considère impossible ce qu’on n’observe jamais. Au plan des préférences, l’information positive renvoie à ce qui plait, la négative à ce qui déplait. On peut ainsi énoncer d’un côté des alternatives désirées, recherchées, et d’autre part des alternatives insatisfaisantes, rejetées. Dans une problématique de décision multi-critère, on peut être ainsi conduit à utiliser une échelle bipolaire (ou encore un produit cartésien d’échelles), pour permettre des évaluations positives et des évaluations négatives. Le traitement conjoint des évaluations positives et des évaluations négatives et leur agrégation peuvent alors poser problème. En argumentation, on a l’habitude de distinguer entre le pour et le contre. Ainsi en présence d'incohérence, la bipolarité peut être utile pour pouvoir raisonner face à des contradictions. En effet, lorsque l'on veut déterminer la valeur de vérité d'une formule (dans le cadre non-classique d’une logique tri-valuée par exemple), il est nécessaire de regarder quelles sont les informations positives et négatives la concernant, en vue d'opérer un arbitrage. Ainsi en général, les deux ensembles d’éléments impossibles et d’éléments garantis possibles sont disjoints (condition de cohérence), et ne couvrent pas tout le référentiel. En d’autres termes, on distingue entre un sur-ensemble d’éléments non impossibles, et un sous-ensemble d’éléments garantis possibles. Cette situation peut se gradualiser en présence d’incertitude. Un aspect qui semble caractéristique de la bipolarité est le fait que les parts, respectivement positive et négative, de l’information forment des entités séparées qui ne peuvent pas être déduites l’une de l’autre, et ne peuvent pas toujours se combiner facilement sans inconvénient. On peut également s’intéresser aux répercussions que peut avoir le choix d'une représentation bipolaire, dans des problèmes de raisonnement non-monotone, de révision et de fusion de croyances, où les approches classiques sont basées sur l'extraction d'une relation de préférence à partir d’une base de croyances unipolaire. L'introduction d'une représentation logique bipolaire permettrait d'extraire deux relations de préférence distinctes. L'utilisation de ces deux relations mènerait alors à un cadre beaucoup plus riche. Cette Action Spécifique est motivée par l’intérêt de confronter autour de cette problématique, les travaux de chercheurs intéressés par la représentation (dans différents cadres de logiques non-classiques ou modales, et de modélisation de l’incertitude tels que les théories des possibilités et des fonctions de croyance), et par la manipulation formelle des connaissances ou des préférences, du point de vue de l’intelligence artificielle, de la démonstration automatique de la théorie de la décision, de la psychologie cognitive, et de la philosophie.
CRIL (Centre de Recherche en Informatique
de Lens, FRE CNRS 2499) DSVP (Dynamiques Socio-cognitives et Vie Politique,
Université de Toulouse-LeMirail) IRIT (Institut de Recherche en Informatique
de Toulouse, Université Paul Sabatier, UMR CNRS
5505) LAMSADE (Laboratoire d'Analyse et Modélisation
de Systèmes pour l'Aide à la Décision.
Université Paris IX–Dauphine, UMR CNRS 7024) Laboratoire LEIBNIZ (Projet Atelier pour l’INFérence,
IMAG, Grenoble) LIP6 (Laboratoire d’Informatique de Paris
6, UMR CNRS 7606): LIRMM (Laboratoire d'Informatique, de Robotique
et de Microélectronique de Montpellier) LPI-GRC (Groupe de Recherche sur la Cognition,
Laboratoire de Psychologie de l'Interaction, Université Nancy 2) LTC (Laboratoire Travail et Cognition, Toulouse-
LeMirail, UMR CNRS 5551) Collègues étrangers invités
aux réunions de travail |